Le harcèlement à l’école : Nos trucs et astuces Kidpower pour les parents


Le harcèlement à l’école

Nos trucs et astuces Kidpower® pour les parents

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Irene van der Zande – Fondatrice de Kidpower

par Irène van der Zande, Fondatrice Kidpower et Directrice Exécutive

Apprenez à votre enfant à se protéger du harcèlement !

Votre enfant est victime de harcèlement ? Vous n’êtes pas seul !

Kidpower est le témoin régulier d’histoires de parents indignés par le harcèlement ou les intimidations dont leurs enfants (des plus jeunes aux ados) sont victimes à l’école.

L’école occupe une grande partie de la vie des enfants. En tant que parents, nous prenons les décisions qui nous incombent dans la manière d’éduquer nos enfants. Comme nous n’avons pas toujours le choix de l’établissement scolaire, ceux-ci ont besoin de notre soutien quand les choses se passent mal.

 

Etablissements scolaires et parents contre le harcèlement

Face au harcèlement : Garder des attentes réalistes

En tant que parents, nous attendons que l’établissement scolaire fournisse un cadre sûr pour les élèves, tant au niveau émotionnel que physique. Nous pouvons être indignés et anxieux quand le bien-être de notre enfant est menacé, au sein d’un endroit responsable de sa sécurité.

Quand des parents rapportent des faits de harcèlement, ils s’attendent à une écoute attentive et une réaction immédiate pour résoudre le problème. Quand cela n’est pas le cas, il est normal qu’ils soient frustrés – voire en colère envers celui ou ceux qui intimide(nt) leur enfant.

La plupart des établissements font un travail remarquable pour tenter de résoudre un nombre croissant de cas – qui parfois se contredisent – à l’aide de moyens très limités. Face à une prise de conscience croissante des dégâts causés par le harcèlement, de nombreuses écoles ont adopté un règlement intérieur n’acceptant pas les comportements blessants et irrespectueux. Cependant, beaucoup d’enseignants, surveillants et personnel encadrant manquent souvent d’aide, de moyens et de formation pour réagir, ce qui amène des parents protecteurs à prendre les choses en main quand leur enfant est harcelé ou quand leur enfant en intimide d’autres.

La prévention du harcèlement : Etre attentif

La prise de conscience de l’existence d’une situation de harcèlement est une étape primordiale. Quand c’est possible, tenter d’en savoir plus quand les problèmes sont encore minimes. Dire et répéter aux enfants clairement, fréquemment tout en gardant le sourire :

« Tout le monde a le droit de se sentir en sécurité et respecté à l’école. Ta responsabilité est d’agir de façon sécuritaire et respectueuse envers les autres. Si on t’embête à l’école, si tu vois quelqu’un embêter un autre ou un groupe rejeter un camarade, tu dois de me le dire et ensemble on imaginera des solutions. »

Être vigilant aux changements de comportement d’un enfant. Encourager et remercier l’enfant de raconter ce qu’il se passe à l’école tous les jours, montrer de l’intérêt sans s’énerver ni donner de leçons.

Poser des questions précises avec le sourire, plus élaborées que : « C’était comment l’école aujourd’hui ? ». En général, les enfants n’aiment pas refaire le film de leur journée à l’école car ils sont occupés par leur activité du moment présent, d’autant moins si quelque chose de stressant s’est passé.

Tous les jours poser quelques questions précises avec curiosité et sans angoisse, comme par exemple : « A quels jeux as-tu joué dans la cour de récréation ? Est-ce que le cochon d’Inde a fait des bêtises aujourd’hui ? As-tu fait du dessin ? As-tu une histoire amusante / intéressante à me raconter sur ce que quelqu’un aurait dit ou fait ? »

Rester respectueux, aimant et calme à l’écoute des réponses. Se rappeler que face à des parents angoissés ou donneurs de leçons, les enfants partageront moins les informations qui les mettent mal à l’aise.

En déposant ou allant chercher un enfant, être attentif à ce qui se passe à l’école. Si possible, se porter volontaire pour passer quelques heures en classe ou dans la cour de récréation, afin d’apporter de l’aide mais aussi d’être témoin de problèmes potentiels.

 

Sept Solutions pratiques pour les parents

  1. Eviter les réactions impulsives

Si votre enfant vous raconte être harcelé à l’école ou si vous-même êtes témoin de comportements intimidants, profitez-en pour montrer à votre enfant comment résoudre ces problèmes en restant fort et respectueux.

Aussi difficile que cela puisse paraître, votre première mission est de s’apaiser. Prenez une bonne inspiration et dites, d’une voix calme et posée : « Je suis content que tu m’en parles. Je suis désolé de ce qui t’est arrivé. S’il te plait, dis-moi exactement ce qui s’est passé afin que nous trouvions ensemble une solution. C’est ton droit de te sentir en sécurité et à l’aise à l’école. »

Si vous le découvrez par un autre biais que votre enfant, dites calmement : « J’ai vu/entendu ce qui est arrivé. Tu dois être énervé. Peux-tu m’en dire plus ? »

Là encore, gardez votre calme. Face à des parents énervés, les enfants peuvent s’agacer ou se refermer sur eux-mêmes. Ils pourraient alors être tentés de vous protéger ou penser que ne plus rien vous dire, voire nier la situation leur permettra de s’épargner vos réactions. Cela dit, plus les enfants sont âgés, mieux ils pourront apprécier les actions que vous prendrez avec l’école.

De même, si vous êtes énervé en abordant les professeurs, le personnel de direction ou les parents des enfants qui embêtent le vôtre, ceux-ci seront sur la défensive.

Sachez que, de nos jours, les personnels d’établissements scolaires craignent avant tout les poursuites judiciaires, provenant des parents de la victime ou des parents de l’enfant accusé d’être le harceleur. Ces actions en justice peuvent mettre à mal la réputation de l’établissement et, par voie de conséquence, ses moyens financiers (pour les établissements privés, comme publics).

De plus, n’oubliez pas que les professeurs et directeurs d’écoles sont tellement dévoués au bien-être de leurs élèves que leur premier souhait est de les voir évoluer en sécurité et heureux. Ils seront mieux disposés à accueillir les parents les abordant dans une posture calme et respectueuse.

Cela dit, certains pourront se braquer. Que cela ne vous dissuade pas – gardez votre calme et persévérez en exposant la situation et ce que vous souhaiteriez voir mettre en œuvre.

  1. Avancer avec tous les éléments en main

  • Appréhender la situation

Plutôt que de tirer des conclusions rapides ou de se perdre en conjectures, prenez le temps d’appréhender la globalité de la situation. Questionnez calmement votre enfant, rassurez-le et écoutez ses réponses.

Interrogez les personnes susceptibles d’être impliquées dans l’affaire, en gardant toujours à l’esprit que votre objectif est de comprendre la situation pour savoir comment la résoudre et non de régler des comptes.

  • Chercher des solutions

Une fois la situation analysée, chercher des solutions et non des responsables.

Partez du principe que des enfants qui s’en prennent à d’autres le font parce que c’est le seul moyen qu’ils ont de s’exprimer, ou parce qu’ils rencontrent des problèmes dans leur vie. Il est louable de se focaliser sur le comportement à améliorer plutôt que de coller des étiquettes destructrices sur ces enfants, « les harceleurs » ou « les méchantes filles ».

Soyez l’avocat de votre enfant, mais acceptez l’idée que lui-même ait pu provoquer ou envenimer la situation. Dire : « Ce n’est pas ta faute si quelqu’un te blesse ou se moque de toi, mais pourrais-tu penser à une autre manière de réagir ? »

  1. Identifier les causes des difficultés

  • L’école a-t-elle besoin de plus de moyens pour surveiller correctement les enfants durant les récréations et le déjeuner, ou en accueil périscolaire ?
  • L’école a-t-elle établi une politique claire sanctionnant de manière appropriée, équilibrée et cohérente un comportement menaçant, blessant ou gênant envers les autres ?
  • Votre enfant doit-il acquérir des habiletés d’auto-protection et pour savoir poser des limites ? Dans ce cas, on peut élaborer un plan d’actions, le mettre en pratique ou participer à un atelier, comme ceux proposés par Kidpower.
  • Les enfants qui font du mal aux autres ont-ils besoin d’apprendre l’empathie et développer des habiletés pour utiliser leur force de manière positive plutôt que négative ?
  • L’enfant impliqué dans des cas de harcèlement a-t-il des problèmes affectifs ?
  1. Protéger son enfant

Votre priorité absolue est, bien sûr, de protéger votre enfant du mieux que vous pouvez. Prendre de la hauteur et avoir une vue d’ensemble de la situation est indispensable :

  • Quelle est la nature du problème ?
  • L’école est-elle en capacité de le résoudre ?
  • Quels sont les besoins précis de l’enfant ?

Des ateliers comme ceux que Kidpower met en place, permettent à l’enfant de pratiquer certaines habiletés : s’éloigner de personnes brusques ou menaçantes, se protéger émotionnellement et physiquement et aller demander de l’aide le plus tôt possible.

Une collaboration avec les enseignants, les directeurs et les parents de l’enfant harceleur est-elle envisageable et peut-elle réussir ?

En cas d’échec, la meilleure solution consistera sans doute à changer d’établissement

Dans les cas extrêmes, il sera malheureusement nécessaire de recourir aux poursuites judiciaires. De nombreux pays et Etats reconnaissent des droits à l’enfant, aussi demandez des informations dans votre entourage.

  1. Faire de la prévention

« Prévenir plutôt que guérir » : Tous les enfants ont le droit d’évoluer dans un environnement émotionnellement et physiquement sûr.

Or, subir un harcèlement continuel peut être comparable à vivre dans une atmosphère très polluée : cela peut saper la santé d’un enfant.

Les établissements peuvent se faire aider par les parents pour mettre en place des actions de prévention adaptées à l’âge des élèves, favorisant ainsi un climat de respect, de bienveillance et de sécurité plutôt qu’un climat de compétition, d’intimidation et de mépris.

  1. Aller chercher de l’aide

Être victime de comportements cruels est traumatisant. Aller chercher de l’aide pour soi-même et son enfant peut être nécessaire pour gérer ces émotions, d’autant plus si cette situation se répète et fait resurgir de mauvais souvenirs. Les parents qui se sentent coupables ou furieux de ne pas avoir anticipé le problème peuvent également se faire accompagner.

Aller chercher de l’aide peut signifier parler du harcèlement à des adultes capables d’écouter et accompagner parents et enfants avec recul et compassion. Aller chercher de l’aide peut aussi vouloir dire faire intervenir thérapeutes ou psychologues de l’école ou de l’extérieur.

  1. En faire une expérience enrichissante

En tant que parents, il est normal de vouloir protéger les enfants du mal. Mais si nous les surveillons de près pour qu’ils ne tombent jamais, qu’ils n’échouent jamais, qu’ils ne se fassent jamais mal, qu’ils ne soient jamais tristes, nous les privons d’un grand espace d’apprentissage.

Toutes les expériences blessantes ne conduisent pas à un traumatisme profond si les enfants sont écoutés avec respect, si les problèmes sont résolus et si leurs émotions sont accompagnées.

Sachez qu’ils sont capables d’assumer leur propre sécurité en développant des habiletés spécifiques pour prévenir et stopper les intimidations, pour poser des limites, pour éviter les individus au comportement menaçant, et pour aller chercher de l’aide quand il le faut.

 

Cet article est tiré du livre « Bullying – What adults need to know and do to keep kids safe »(Le harcèlement – ce que les adultes doivent savoir et faire pour garder leurs enfants en sécurité). Cet ouvrage apporte des solutions aux familles, écoles et associations pour la jeunesse, pour développer un climat social positif pour les enfants et ados.

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