La Sécurité commence à l’intérieur de chacun : Sécurité et protection émotionnelle après une attaque terroriste


La Sécurité commence à l’intérieur de chacun : Sécurité et protection émotionnelle après une attaque terroriste

Par Irene van der Zande, Fondatrice Kidpower et Directrice Exécutive

heart powerLes attaques terroristes sont un rappel choquant que nous sommes vulnérables, que notre propre sécurité physique ainsi que celle de ceux que nous aimons, n’est pas garantie, et que notre monde peut changer en un instant. Bien que l’article suivant ait été écrit après les attentats terroristes aux États-Unis le 11 Septembre 2001, ces stratégies pour la création de la sécurité émotionnelle sont pertinentes à chaque fois que nous prenons conscience de toute forme de terrorisme ou d’une autre terrible violence. Cet article est traduit et mis à jour suite aux attentats en France, à Paris, le 13 novembre 2015.

Pour beaucoup d’entre nous, une attaque terroriste, comme la maltraitance des enfants, est ressentie personnellement plus horrible qu’une maladie ou qu’une catastrophe naturelle, car ceci est fait délibérément par des personnes qui ont l’intention de blesser d’autres personnes qui sont innocentes. Nous avons tous pleuré pour ceux qui ont été blessés et pour les passants innocents qui pourraient être blessés, tandis que les coupables sont recherchés et trouvés.

Notre défi au milieu de tout cela est de continuer à trouver notre équilibre. La vérité est que dans ce monde incertain la vraie sécurité que nous ayons est la sécurité que nous créons nous-mêmes. Le sentiment de désespoir et d’impuissance face au terrorisme ne nous rend que plus malheureux – et accomplit le but du terrorisme, qui est de créer une peur généralisée et d’instabilité.

La vérité est que nous ne pouvons pas contrôler tout ce qui nous arrive. Nous devons accepter que certaines choses soient hors de notre contrôle, afin que nous puissions vivre notre vie au maximum, tout en prenant soin des choses qui sont sous notre contrôle.

La plupart d’entre nous, dans les semaines et mois après un événement traumatique, auront l’occasion de discuter de cette tragédie à la fois avec les enfants et avec les adultes. Nous pouvons aider à créer des espaces émotionnellement sûrs pour les gens qui nous entourent pour trouver la guérison, ouvrir de nouvelles perspectives et les guider vers le chemin d’une action significative. Le sens le plus puissant que nous pouvons faire de toute tragédie est de travailler ensemble pour créer un monde meilleur pour tous.

Quand une tragédie majeure a lieu, la plupart des enfants sont susceptibles soit de voir ou d’entendre quelque chose via l’école, Internet, la radio, la télévision ou en écoutant les adultes qui les entourent. Les vagues de réaction qui peuvent affecter nos vies et celle de nos enfants sont susceptibles de grossir rapidement avant de s’atténuer. Bien que nous ne voulions pas créer plus de peur, nous voulons répondre à toute préoccupation que les enfants ont déjà avec les moyens appropriés à leur âge et stimulant leur autonomie.

QUELQUES MESURES QUE VOUS POUVEZ PRENDRE POUR VOS ENFANTS ET VOUS-MÊMES

  • Obtenez de l’aide pour gérer vos sentiments, mais ne PAS les traiter avec vos enfants
  • Obtenez de l’aide si vous vous sentez anxieux(se) ou déprimé(e)
  • Créez une ouverture pour parler de cette tragédie ou de toutes autres préoccupations que votre enfant pourrait avoir
  • Parlez à votre enfant si vous ne l’avez pas déjà fait
  • Limitez l’exposition des enfants aux médias afin qu’ils ne soient pas bombardés d’images terrifiantes
  • Prenez position contre la haine qui née de la peur
  • Concentrez-vous sur ce que vous POUVEZ faire

1. Obtenez de l’aide pour gérer vos sentiments, mais ne PAS les traiter avec vos enfants

Se sentir triste, effrayé, et en colère quand les choses tournent mal est normal pour nous tous. Cependant, pour leur sécurité affective, vos enfants ont besoin de votre espoir et de votre confiance, pas de votre désespoir et ni de la peur. Soyez conscient que les enfants surprennent souvent les adultes quand ils ne semblent pas être à l’écoute. Offrez-vous un espace pour exprimer vos sentiments avec d’autres adultes loin des enfants, pour vous prendre soin de vous-même, puis de passer à l’action positive.

2. Obtenez de l’aide si vous vous sentez anxieux(se) ou déprimé(e)

Peu importe ce qui se passe dans le monde, vous avez le droit de vivre votre propre vie aussi joyeusement et complètement que possible. Parlez-en en famille ou entre amis. Allez à une aide professionnelle si vous en avez besoin. Vous ne devez pas être seul avec votre colère, le chagrin et l’anxiété sur les mauvaises choses qui se passent dans notre monde.

Gérez un éclat d’anxiété en faisant le même exercice de centrage, que celui que nous enseignons dans nos cours. Installez-vous le dos droit. Sentez vos pieds en remuant vos orteils. Sentez-vous les paumes de vos mains en les pressants ensembles ou contre vos jambes. Détendez vos coudes et les genoux. Prenez une grande respiration et laissez la ressortir, puis une autre. Écoutez le bruit que fait votre souffle. Maintenant, regardez autour de vous et concentrez-vous sur une fleur ou un arbre, une photo ou une peinture d’une personne heureuse ou une belle place, ou le visage de quelqu’un que vous aimez.

Dans le calme, donnez aux enfants l’espace pour parler de sentiments tout en se concentrant sur les choses qu’ils PEUVENT faire pour rester en sécurité. Dites à vos enfants la même chose que nous ne devons pas oublier nous-mêmes, « Ce qui est arrivé est effrayant et très triste. Mais nous allons tous très bien et nous pouvons nous garder en sécurité la plupart du temps, si nous savons comment faire quelques petites choses et avoir un plan de sécurité. »

Sécurité commence à l'intérieure de chacun Citations

3. Créez une ouverture pour parler de cette tragédie ou de toutes autres préoccupations que votre enfant pourrait avoir

Vérifiez comment vont vos enfants avec la « question magique KIDPOWER » suivante, de manière calme et intéressée, « Y at-il quelque chose que tu te demandes ou qui te préoccupe que tu ne m’as pas dit? » Écoutez les réponses respectueusement sans faire la morale (ou rire) et dire: « Merci de me le dire! »

4. Parlez à votre enfant si vous ne l’avez pas déjà fait

Pour un jeune enfant que vous pensez ayant pu entendre des informations à ce sujet sur les médias ou d’autres personnes, vous pouvez expliquer, même les grands événements bouleversants, en gardant ce que vous dites simple, sonnant rassurant, et en ne fournissant pas, ni vous attardant sur les détails.

Bien que la déclaration suivante ait été écrite sur les attentats terroristes en France, à Paris, le 13 novembre 2015, elle peut être adaptée à de nombreux types de terribles tragédies en changeant la phrase en italique:

« Quelque chose de triste est arrivé qui a blessé beaucoup de gens. Nous allons tous très bien, mais tu pourrais entendre des choses à ce sujet, et je veux que tu saches ce qui est arrivé. Quelques personnes ont fait quelque chose de très mauvais. Ils ont tiré sur des gens et fait exploser des bombes et de nombreuses personnes sont mortes. Maintenant, notre pays et la plupart des autres pays dans le monde font des plans de sécurité pour aider à empêcher que cela se reproduise. As-tu des questions? Si tu es inquiet(e), ou que tu commences à y penser beaucoup, je veux que tu me le dises afin que nous puissions en parler. »

La phrase en italique peut être modifiée par d’autres déclarations plus simples de ces événements déchirants. Par exemple, « Ils sont venus dans les bureaux d’un magazine et tiré sur des gens parce qu’ils étaient en désaccord avec ce qu’ils écrivent. » Ou, « Ils sont venus dans une salle de spectacle et ont tué de nombreuses personnes. » Ou, « Ils ont enlevé de nombreux journalistes. » Ou, « Ils ont blessé de nombreuses familles. »

5. Limitez l’exposition des enfants aux médias afin qu’ils ne soient pas bombardés d’images terrifiantes

Envisagez de limiter votre propre exposition ainsi. Il y a une différence entre rester informé et nous traumatiser inutilement. En regardant des vidéos ou lisant des histoires terribles encore et encore peut être ressentir comme si nous faisons quelque chose – mais nous attarder sur ces images et ses histoires peut nous rendre anxieux et déprimé – sans rendre qui que ce soit plus en sécurité.

6. Prenez position contre la haine qui née de la peur

Chaque fois qu’un commentaire plein de préjugés est fait, vous pouvez dire quelque chose comme, « Une des choses merveilleuses de notre monde est qu’il est riche de gens d’une grande variété, issus de différents endroits, de différentes formes, tailles, couleurs, croyances et d’idées. Quelques personnes faisant de mauvaises choses, ne signifie pas que toute personne qui avec le même historique est aussi mauvaise. En fait, la plupart des gens, peu importe leurs origines, sont BONS. »

Faire des distinctions fondées sur le comportement réel plutôt que de supposer que les gens qui partagent certaines caractéristiques sont également susceptibles de soutenir la violence.

Cherchez la forme d’orientation spirituelle qui fonctionne pour vous.

7. Concentrez-vous sur ce que vous POUVEZ faire

Les enfants et les adultes ont le pouvoir de faire la différence à travers des actions quotidiennes. En travaillant ensemble en tant que communauté, vos actions peuvent créer le changement.

Viktor Frankl était un psychothérapeute qui a été emprisonné dans des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans ce cadre désespérément terrifiant, il est venu à la conclusion que, bien qu’il ne pouvait pas contrôler les événements extérieurs, il pouvait choisir comment il allait réagir à ces événements.

Il a répondu avec compassion aux personnes blessées par la violence autour de lui, poussant même les gardiens de la prison à venir à lui pour des conseils. Il a créé une forme de psychothérapie appelée logothérapie, qui aide les gens à guérir en donnant un sens à leur vie.

Le plus souvent, nous pouvons prendre en charge de notre sécurité. Quand les choses sont hors de notre contrôle, il est important de se rappeler que, comme Viktor Frankl, nous pouvons encore choisir de créer la sécurité à l’intérieur de nous-mêmes et d’étendre la compassion envers les autres.

 

A propos de l’auteur

Irene van der Zande – Fondatrice de Kidpower – est intervenue en tant qu’experte de la sécurité des enfants auprès de USA Today, CNN et du  Wall Street Journal. Elle est l’auteur de The Kidpower Book for Caring Adults: Personal Safety; Self-Protection, Confidence, and Advocacy for Young People, Bullying: What Adults Need to Know and Do to Keep Kids Safe,   et des bandes dessinées Kidpower Safety Comics.

Kidpower est une organisation à but non lucratif créée en 1989 qui a protégé plus de deux millions de personnes de tous âges et de tous niveaux du harcèlement, de la violence, des enlèvements et autres actes de violence à travers le monde. Les offres de services comprennent des ateliers  en Californie ou ailleurs dans le monde,  une large  Bibliothèque en anglais et espagnol gratuite en ligne, des publications à des prix raisonnables et du conseil. Vous pouvez contacter pour plus d’informations.

1/ The Kidpower Book for Caring Adults: Personal Safety, Self-Protection, Confidence, and Advocacy for Young People,

2/ Bullying: What Adults Need to Know and Do to Keep Kids Safe

3/ Kidpower Safety Comics

Copyright © Kidpower Teenpower Fullpower International™ www.kidpower.org Tous droits réservés.

Une production éducative de Kidpower Teenpower Fullpower International, leader depuis 1989 en matière d’éducation à la prévention de toutes formes de violence et au service des personnes de tous âges, capacités, identités et horizons.
Communiquez avec Kidpower pour obtenir les conditions de permission pour la rediffusion de cet article.

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