Les profs sont tous des héros !


9 attitudes proposées aux parents pour aider les profs à créer des environnements d’apprentissage positifs et bienveillants.

Par Irene van der Zande, Fondatrice Kidpower et Directrice Exécutive

J’ai eu le privilège de rencontrer beaucoup d’enseignant·e·s par le biais de Kidpower. La plupart d’entre eux·elles effectuent un travail prodigieux dans des conditions difficiles, avec des ressources très limitées et un niveau de reconnaissance insuffisant.

Comme les héros des histoires d’aventure, les enseignant·e·s doivent souvent surmonter l’adversité, le doute et les conflits . Chaque jour, la plupart des enseignant·e·s font de leur mieux pour répondre aux besoins psycho-affectifs des élèves, souvent contradictoires, pour répondre aux attentes des parents et de l’Education nationale, tout en faisant apprendre le programme à leurs élèves.

Un petit pourcentage d’enseignant·e·s abuse de leurs positions de confiance et de pouvoir. Parfois il peut exister des reportages très médiatisés sur des enseignant·e·s qui ont harcelé et maltraité leurs élèves. S’ils permettent de sensibiliser les gens à la nécessité de protéger les jeunes de ces risques, ils ne sont pas représentatifs de la vaste majorité des éducateurs qui vouent leur vie au bien-être et à la sécurité des enfants auxquels ils se consacrent.

En tant que parents, grands-parents, bénévoles ou personnes qui soutiennent l’éducation des enfants de diverses manières, nous avons le pouvoir d’honorer les personnes qui enseignent à nos enfants par des comportements qui soutiennent leurs efforts. Voici neuf façons de faciliter leur travail :

 1. Ne rien tenir pour acquis. 

Les enseignant·e·s et les responsables d’établissement reçoivent un nombre écrasant de plaintes par téléphone, par courrier électronique et en personne. En plus de parler des problèmes, faisons-leur savoir aussi que nous apprécions leur implication. Au lieu de dire : « Ils font juste leur boulot ! », reconnaissons qu’il s’agit d’un travail difficile et que les personnes ont de meilleurs résultats lorsque leur implication est reconnue. Même si nous sommes fatigué ou occupé, remercions les enseignant·e·s avec un petit mot, même pour des choses simples, au moins une fois par semaine. Un sourire chaleureux en arrivant et un sincère « Merci ! » peuvent faire des miracles à la fin d’une dure journée. Laissons un petit mot (post-it, cahier de liaison…), voire un message vocal pour exprimer notre gratitude. Informons le·la directeur·rice de l’influence positive de cet enseignant·e sur notre enfant.

2. Simplifier le travail de l’enseignant·e. 

Lisons les lettres d’information et les messages de l’enseignant·e. Répondons aux demandes de renseignements la première fois, que la réponse soit oui ou non, de sorte qu’il ne soit pas besoin de le demander deux fois. Si nous ne vivons pas avec l’autre parent de notre enfant, faisons notre maximum pour renforcer la communication avec notre partenaire parental afin que, si possible, l’enseignant·e n’ait pas à communiquer deux fois sur des problèmes ou à organiser deux réunions distinctes.

Offrons de notre temps avec des détails précis tels que « Je peux m’arranger pour venir une fois par mois pendant deux heures. J’ai des connaissances en biologie, en mathématiques et en programmation. Je pourrais aider à lire, classer des documents ou nettoyer les dégâts. Qu’est-ce qui serait le plus utile pour vous ? » Proposons d’écrire un bulletin aux parents ou appelez les parents à faire du bénévolat, conduire pour une excursion… Intervenons si nous voyons des enfants se chamailler.

Organisons une activité qui correspond à nos intérêts et à nos compétences. Je me souviens d’une fois où mon mari, Ed, avait quitté le travail pour apporter des œufs de grenouille dans la classe de deuxième année de notre fille. Il expliqua le cycle de vie d’une grenouille, installa un aquarium pour que les enfants puissent regarder les œufs se transformer en têtards et les ramena dans la nature avant qu’ils ne deviennent grenouilles. Veillons à assumer la responsabilité des soins et du nettoyage des activités spéciales apportées en classe.

3. Coordonner nos ressources de parents, telles que le temps et l’argent. 

Si nous le pouvons, utilisons notre temps pour motiver d’autres parents à aider d’une manière plus substantielle. Notre groupe de parents pourrait intervenir par roulement à l’école pour des tâches comme la lecture, couvrir les livres… Ou encore, mettez en commun vos vacances ou les achats des cadeaux de fin d’année afin que les ressources financières réunies procurent un résultat plus consistant, plus utile ou plus large que tout ce que vous pourriez obtenir seul.

 4. Signaler les problèmes ou les préoccupations rapidement, directement, avec persistance et respect. 

Il est normal de se sentir extrêmement contrarié et énervé lorsque nous nous inquiétons pour la sécurité, le bien-être ou la santé émotionnelle ou physique de notre enfant. Prenons un moment pour retrouver votre calme avant d’aller parler à l’enseignant·e de votre enfant. Essayons de nous rappeler que presque tous les enseignant·e·s veulent vraiment ce qu’il y a de mieux pour les enfants dont ils ont la charge. En gardant à l’esprit que vous travaillez ensemble à trouver une solution, nous pouvons aider à éviter l’aggravation des problèmes. Même d’excellent·e·s enseignant·e·s peuvent être submergé·e·s par leur charge de travail ou peuvent mal mesurer vos inquiétudes. Au lieu de s’énerver, soyons prêt à persister si nous ne recevons pas une réponse utile tout de suite.

En général, communiquer avec l’enseignant·e de notre enfant de la manière dont nous voudrions être informé si une personne a un problème avec notre propre activité. Même si nous nous sentons très contrarié et anxieux, gardons un langage respectueux pour décrire ce qui s’est passé. Évoquons un comportement spécifique plutôt que de faire des reproches contre la personne ou les intentions de l’enseignant·e ou autre membre de l’équipe pédagogique. Lorsque l’on est hors de soi, il est difficile d’entendre et d’écouter efficacement. Faites une profonde et longue expiration puis notez les idées qui vous viennent afin de pouvoir vous y référer plus tard, lorsque vous aurez eu le temps de réfléchir. Bien sûr, si rien ne fonctionne après un effort soutenu pour traiter notre problème directement avec l’enseignant·e, soyons prêt à nous adresser directement au directeur·rice de l’école et, si nécessaire, à mettre par écrit le problème que nous rencontrons.

5. Utiliser les courriels ou les notes écrites avec soin. 

Des relations de toutes sortes, du secteur des affaires au cercle familial, ont été gravement mises à mal par des courriels ou des notes écrites mal comprises. Le courrier électronique peut être un bon moyen de prendre rendez-vous pour parler. Si nous souhaitons faire des commentaires ou discuter d’un problème, faisons-le par téléphone ou en personne. Ecrire une lettre au lieu de parler d’abord avec l’enseignant·e peut lui faire se sentir blâmé·e et ne conduit pas à trouver des solutions. Demandons  à l’enseignant·e quel est le meilleur moyen pour discuter d’un problème et fixons un moment pour parler en personne ou au téléphone.

6. Éviter de dire du mal d’un·e enseignant·e derrière son dos. 

Chuchoter ou envoyer un courriel à propos d’un·e enseignant·e derrière son dos est une forme de pression envers un adulte et ne résout aucun problème. Si nous avons besoin d’aide pour savoir comment prendre des mesures pour résoudre une situation difficile, parlons-en à une personne de confiance en dehors du contexte scolaire, si possible. Ensuite, agissons en communiquant directement avec l’enseignant·e. Si nous nous retrouvons à parler négativement de quelqu’un, demandons-nous si notre comportement est constructif ou délétère. Nouer des liens avec d’autres parents au prix de plaintes envers un·e enseignant·e derrière son dos est en réalité destructeur.

7. être solidaire si un·e enseignant·e semble déprimé·e ou découragé·e. 

Sourire et dire : « On dirait qu’il se passe plein de choses… Est-ce que je peux aider ou rendre service en quoi que ce soit ? » Informons les enseignant·e·s de la technique ludique Kidpower que nous enseignons aux enfants pour qu’ils jettent les mots blessants qu’on a pu leur dire ou qu’ils se disent à eux-mêmes et acceptent les compliments. Ensuite, faisons-lui un véritable compliment, par exemple : « Vous faites vraiment bien votre travail, pourtant si difficile ! »

Si l’enseignant·e se sent mal à propos de quelque chose qui s’est mal passé, rappelons-lui nos paroles dans Kidpower selon lesquelles « les erreurs font partie de l’apprentissage » et « il n’est pas nécessaire d’être parfait pour être bon » !

8. Enseigner peut être un travail solitaire – aider à tisser une communauté. 

Les enseignant·e·s sont souvent seul·e·s avec les enfants pendant de longues heures chaque jour. Nous ne sommes pas obligé de devenir le·la meilleur·e ami·e de chaque enseignant·e de votre enfant, mais si nous parlons avec chacun d’eux, en adulte ayant aussi des sujets qui vous intéressent mutuellement et avoir ensemble une conversation personnelle pertinente est un moyen formidable de faire connaissance les uns avec les autres.

9. Parler de Kidpower à l’enseignant·e de votre enfant. 

Les ressources Kidpower pour leur enseignement et l’utilisation de diverses compétences socio-émotionnelles peuvent faciliter la vie des enseignant·e·s et rendre leurs élèves plus sûrs d’eux et plus heureux. Vous pouvez acheter un livre à l’enseignant·e ou signaler des articles dans nos ressources gratuites en ligne.

Nous avons de nombreuses explications illustrées par des bandes dessinées et des histoires pour gérer les secrets et autres problèmes de sécurité dans nos cahiers à colorier et la trousse pédagogique, disponibles dans notre rubrique « Astuces« . Commandez notre fascicule du challenge des 30 habiletés Kidpower, une habileté par jour, qui aidera à protéger les enfants de toutes sortes de harcèlement, d’abus et d’autres problèmes de sécurité.

Pour plus d’informations sur les ressources de Kidpower, pour enseigner ces concepts et les compétences de sécurité personnelle, consultez les informations disponibles gratuitement sur notre site web, inscrivez-vous à notre newsletter.

Vous pouvez vous inscrire sur la page One million Safer Kids sur le site de Kidpower International (en Anglais). Ce sont de courtes leçons qui peuvent facilement être discutées et mises en pratique avec un enfant ou un groupe d’enfants.


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